22 février 2000

Erika: Total ment, responsables

Quelle était la véritable nature de la cargaison de l'Erika ? Le laboratoire Analytika a lancé le débat, en publiant des résultats d'analyses selon lesquelles le pétrolier transportait un résidu de raffinage toxique et cancérogène.

Ces analyses auraient été effectuées sur des échantillons provenant de l'île de Groix, au regard d'un fuel lourd Total n°2 provenant de l'entreprise elle-même (Raffinerie de Provence), quoique obtenu par des voies non classiques. Aucun des laboratoires IFREMER, IFP et LPTC, qui avaient publié les analyses précédentes, n'a présenté d'analyse des rejets côtiers eux-mêmes. Tous ont étudié des prélèvements fournis par Totalfina et présentés comme représentatifs de la cargaison.

Si la matière réellement transportée était celle analysée par Analytika, la réglementation actuellement en vigueur (Substances cancérogène catégorie 1 - cancérogène pour l'homme-, Directive européenne "Europe contre le Cancer", JOCE 19/12/1996, C 383/1) prévoit d'en éviter l'exposition à l'homme (S53) et souligne sa nocivité pour les organismes aquatiques (R52). Pourquoi ne pas appliquer alors le principe de précaution, et ainsi:

* recenser et mettre sous suivi médical toutes les personnes ayant participé à des opérations de décontamination à ce jour, et interdire l'accès aux plages aux bénévoles non équipés d'équipement idoine (combinaison, masque, gants, bottes, lunettes de protection).

* stocker dans des conditions enfin acceptables les rejets cotiers en attente d'évacuation. Au vu des conditions actuelles, déplorables, la contamination des sols, courts d'eau et nappes phréatiques, est certaine.

En application du principe de précaution, il eut été nécessaire que les pouvoirs publics contraignent TotalFina, dès le 31 janvier, à équiper tous les bénévoles avec la tenue réglementaire pour la manipulation de tels rejets et à recenser les personnes déjà exposées à ce jour, en l'attente d'analyses plus poussées. Notons également la complaisance des laboratoires officiels (IFREMER, IFP, LPTC), qui se sont contentés de confirmer la thèse TotalFina au vu d'échantillons fournis par la firme, sans commanditer d'analyse sur site ni renseigner le public sur les risques encourus.

Par ailleurs, il est inadmissible que TotalFina n'ait pas pris à sa charge la décontamination à ses frais par des équipes professionnelles des zones souillées dans les 24 heures suivant le sinistre, comme la législation l'y aurait contrainte en cas de marée noire sur les côtes des USA (voir notre édition du 1er février, et ait préféré faire courir le risque d'une contamination potentielle de milliers de bénévoles.

Le laboratoire indépendant SMC2 effectue une analyse de prélèvements d'air et d'eau à Belle-île en Mer. Des prélèvements identiques sont également étudiés par Analytika. Les résultats sont attendus avec la plus grande impatience, et ce d'autant plus qu'aucune analyse publique n'a été commanditée à ce jour.

Les résultats des analyses sont disponibles sur le site du Labo Analytika. On pourra également consulter la synthèse d'ATTAC (Acrobat Reader), ou le site Maréenoire.org.

Handicapés vs. l'odieux Axa

La compagnie Axa vient de se rendre coupable d'un acte moralement ignoble et commercialement irresponsable en dénonçant le contrat d'assurance-décès des handicapés. Alors que le groupe réclame à hauts cris la gestion de l'assurance santé (pour laquelle elle a déjà augmenté les primes des plus de 60 ans en Espagne, voir nos brèves du 11 janvier), cette décision met en lumière sa philosophie d'entreprise, la privatisation des bénéfices et la socialisation des risques. A lire dans le Point.

Diplômés, venez aux USA

Le Sénat américain étudie un amendement visant à augmenter le nombre de visas provisoires pour les diplômés de l'enseignement supérieur, pour le porter de 115 000 à 195 000 par an en trois ans. A lire dans Vnunet.

Butinages

Les métiers de la Net-économie, tel est le titre d'un nouveau dossier d'Internet-Actu, à dévorer d'urgence.

Une adresse du type nicolas@imbert.org. C'est possible, pour vous également, sur NamePlanet.


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Nicolas IMBERT