13 mai 2003

Retraites : ce dont on parle et ce qu’on ne dit pas

Aujourd’hui, les Français manifestent contre les propositions du gouvernement Raffarin relatives à la réforme des retraites. Outre la mobilisation présente – que nous souhaitons nombreuses, c’est l’occasion d’une mise en perspective de notre système de solidarité.

L’assurance retraite va être en déficit à court terme. C’est vrai. Concernant le secteur privé, des mesures ont été prises par le gouvernement Balladur, sur lesquelles il n’y a pas besoin de revenir. C’est tendancieux. Le service public serait-il donc cet animal d’où viendrait tout le mal ?

L’habile manœuvre gouvernementale ciblant le débat pour discrètement faire passer l’inacceptable a été identifiée. L’enjeu est bien de saborder le système des retraites par répartition en prétendant le sauver et par-là même de rendre indispensable la généralisation de fonds de pension français, comme l’a relevé la Fondation Copernic, repris par le site Reparti.free.fr. Nous l'allons voir séant. 

Les systèmes de retraites par capitalisation sont désormais impopulaires dans les esprits européens. Après les faillites ou déconvenues des fonds 401k américains et la ruine des cotisants qui en a résulté – on consultera avec profit le 401k help center pour voir la situation de l’intérieur -, chacun a pu mesurer la précarité d’un système confiant aux entreprises la gestion des retraites et de plus soumis à un aléa de cours.

En outre, les fonds de pension vont être soumis dans les toutes prochaines années aux départs en retraites massifs des employés du baby-boom et vont donc devoir vendre en masse les actions qu’elles possèdent pour payer leurs pensions. Les capitaux en circulation sont tels que seuls des fonds de pensions constitués à l’échelle européenne pourraient acheter ces titres en minimisant la chute des cours. Voilà qui explique tant d’empressement des fonds de pension américains à populariser le système en Europe. La patate chaude se propagerait alors, les fonds européens devant trouver des actionnaires à qui revendre massivement leurs titre par la suite…

A l’inverse, le système par répartition ne provoque pas d’immobilisation de capitaux inactifs et permet une meilleure liquidité de l’argent. La transparence et l’équilibre du système fait reposer la confiance des ménages sur la stabilité du pays et donc accroît la part des capitaux consommés au détriment de l’épargne. Cet équilibre peut être assuré en jouant sur trois leviers :

En ne présentant comme seul levier que la participation des salariés au fond de pension, le gouvernement – relayé par les principaux media – orchestrent une tentative de désinformation relevée par ATTAC et oublient d’indiquer que le passage au 35 heures s’est effectué en contrepartie du gel des cotisations retraites patronales et que d’une manière plus générale la répartition entre travail et capital n’a jamais été plus décentrée en faveur du capital. Autre axe particulièrement prometteur quoique non exploré, la taxation des revenus du capital au profit des recettes permet facilement d’équilibre les cotisations tout en jouant un rôle modérateur dans un pays à l’épargne excessive.

Concernant les prestations, la réforme Raffarin alignerait le secteur public sur la feuille de route de la réforme Balladur, qui conduit selon le Conseil d’Orientation des Retraites (Retraites, renouveler le contrat social entre les générations) à une dégradation du taux de remplacement (pension en pourcentage du salaire) de plus de 20 %. Ce même rapport du COR mentionne que le coût du passage de 40 annuités à 37,5 annuités serait de 0,3 % de PIB à échéance 2040, soit tout simplement insignifiant. Cette dégradation intégralement proportionnelle des pensions (20 % pour le public, 30 % pour le privé en 2020) entraînera une précarisation de la vieillesse et un accroissement des inégalités. La CFDT Banque consacre sur les retraites un dossier très détaillé et explicite.

C’est pourquoi nous croyons que l’objectif de la réforme Raffarin est bien de détruire le système de retraite par répartition sous prétexte de le sauver et appelons à la mobilisation le 13 mai.

 D'ici quelques années on aura bouffé la feuille

Et tes petits-enfants ils n'auront plus qu'un oeil
En plein milieu du front ils te demanderont
Pourquoi toi t'en as 2 tu passeras pour un con
Ils te diront comment t'as pu laisser faire ça

Mickey 3D – Respire - Droits réservés

 Armes de destruction massives

Des armes de destruction massive existent et ont été identifiées en Irak. En effet, comme l’a analysé pour Transfert l’historien des affaires militaires Pascal Le Pautremat, de nombreuses armes non conventionnelles ont été utilisées de manière massive et en dépit des lois internationales par l’axe anglo-américain. Tout d’abord des bombes à dispersion qui deviennent autant de mines anti-personnelles et provoquent des catastrophes parmi les populations civiles. Mais également les bombes à uranium appauvri déjà utilisées pour la première guerre du Golfe, en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan et qui avaient déjà provoqué en 1991 une recrudescence de cancers chez les enfants.

Par ailleurs, les boucliers humains Geert Van Moorter et Claire Geraets ont rapporté du siège de Bagdad des témoignages extrêmement inquiétants contre le général américain Tommy Franks, commandant en chef des armées d’agression en Irak, et contre les militaires américains inconnus qui ont tué ou blessé des civils en violation du droit humanitaire international. C’est pourquoi l'avocat Jan Fermon introduira cette semaine devant la justice belge une plainte pour crimes de guerre contre le général américain Tommy Franks, commandant en chef des opérations en Irak. La plainte, établie au nom de 19 citoyens irakiens, portera sur différents faits, notamment l'emploi de bombes à fragmentation, le bombardement d'un marché, des tirs contre une ambulance du Croissant-Rouge ou encore l'inertie des troupes américaines face au pillage des hôpitaux et des musées. StopUSA organisera une conférence de presse sur le sujet le mercredi 15 juin. Contact : info@stopusa.be.

Dans un contexte de media mensonges – le terme est de l’Information Clearing House - rendons hommage à des journalistes comme Robert Fisk (The Independent) qui ont su rendre compte de la violence des événements et souligner par vacuité la manipulation des media. Un site d’analyse croisé sur la guerre en Irak a été créé, accessible depuis www.gulfinvestigations.net.

On consultera avec intérêt les lettres de démission des hauts fonctionnaires américains, et notamment celles de John Brown (chercheur à l'Institute for the Study of Diplomacy de la Georgetown University), en français sur le site du Réseau Voltaire : « Nouvelle démission d'un diplomate états-unien "Le président a échoué" ». et de John Brady Kiesling, cons eiller politique à l'Ambassade des États-Unis à Athènes, disponible également en français : « Lettre de démission d'un diplomate états-unien : L'administration Bush utilise Al Qaïda comme "allié administratif" »..

Qu’aurait-on pu faire avec l’argent de la guerre ?

Telle est la question posée par Clamor Magazine, relevant que les $75,000,000,000.00. (estimation du gouvernement Bush) dépensés à la guerre représentent les soins élémentaires de santé publique pour 5 milliards de personnes, le salaire de 680 000 inspecteurs de l’ONU ou encore excédent le coût estimé par la FAO pour combattre durablement la faim dans le monde.

Butinages

Le comité contre les moutons vous rallie à sa cause. Né d’un ras-le-bol devant des médias complices qui chaque jour font du journal de 20 heures l'instrument de manipulation le plus élaboré qu'on ai jamais eu.

A trop réfléchir on finit par s’interroger avec l’Autre Net sur la légitimité du G8 : http://g8illegal.lautre.net/

T’es pas né dans un chou mais plutôt dans un trou
Qu’on remplit tous les jours comme une fosse à purin.

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Nicolas IMBERT