12 janvier 2004

"If you assume that there's no hope, you guarantee that there will be no hope. If you assume that there is an instinct for freedom, there are opportunities to change things, there's a chance for you to contribute to making a better world. That's your choice." (Noam Chomsky, The Chronicles of Dissent)

Au Venezuela, malgré les intimidations, la démocratie continue

Le Venezuela a surmonté pour le cinquième anniversaire de sa révolution une nouvelle tentative de putsch où Hugo Chavez fût ramené au pouvoir par sa population et ses militaires après avoir affronté les putschistes fascistoïdes de la Coordination Démocratique, la formation d'opposition soutenue par les intérêts industriels et pétroliers américains. A lire dans le Grand Soir

500 connards 

Comme le chantait avec brio Renaud, "Le rallye mécanique des Mad Max de bazar a r'commencé son cirque au soleil de janvier". Le Collectif pour la suppression du Rallye-Dakar (LDH / centre Blaise Pascal / Rue Maréchal Joffre / 63 000 Clermont-Ferrand) fait circuler une pétition et affiche sa présence sur le parcours. A lire dans Vélorution, le Grand Soir et sur papier auprès de Charlie Hebdo. 

Ennemis du terrorisme condamnés de l'avoir combattu 

Nous connaissons tous - et ce indépendamment de la nature du régime castriste - l'acharnement américain envers les cubains. Depuis le 12 septembre 1998, cinq jeunes Cubains croupissent détenus de manière arbitraire dans les prisons américaines. Leur seul crime est d'avoir infiltré les groupuscules paramilitaires d'incitation à l'exil. A lire dans Le Grand Soir

Cela s'inscrit peut-être également dans un mouvement plus large de prise de contrôle de Cuba par le gouvernement américain, puisque le président de l'Assemblée Nationale Cubaine jugeait bon de déclarer au Washington Times que le risque d'invasion US représentait un danger présent et immédiat pour le pays. 

Autopsie d'une déchéance

Nous avons tous été marqués par la mise en scène et la violence symbolique de l'arrestation de Saddam Hussein. Sa diffusion, planifiée de longue date par la communication de la Maison Blanche, est extrêmement discutable tant du point de vue de la Convention de Genève que de notre perception de l'humanité. On lira donc avec grand intérêt le point de vue du Monde sur le sujet. 

La capture de Saddam Hussein attise la haine des irakiens envers les États-Unis. En l'absence de menace locale déclarée, les langues et opinions se délient (AFP), et ce d'autant plus facilement que les brimades et vexations de l'occupant sont permanentes.  Comme le note le Guardian, les bombes à uranium appauvri utilisées par les américains et les britanniques ont généré des niveaux de radioactivité alarmants extrêmement préjudiciables à la santé des civils.

De l'administration américaine - illégale ? - de l'Irak 

Les officiels américains admettent désormais publiquement l'illégalité de l'invasion de l'Iraq et le caractère fallacieux des motifs avancés. Richard Perle a par exemple confessé lors d'une conférence de presse récente que l'invasion de l'Iraq par les États-Unis était probablement illégale. A lire sur CounterPunch.

Dick Cheney a assuré sous serment avoir coupé tout lien - notamment financier - avec Halliburton lors de son engagement pour Bush début 2000. Pourtant, nous savons désormais que Dick Cheney a reçu en 2001 quelques millions de dollars de cette compagnie. Voilà qui permet une autre lecture des éléments financiers de la guerre d'Iraq, sur Amistia.Net.

Or, si les Américains avaient planifié de longue date les enjeux pétroliers en Irak et le partage des bénéfices, ils ont couvert - soit par insouciance ou méconnaissance, soit par intérêt - le trafic et le pillage des trésors archéologiques de l'Irak, berceau de la civilisation. A lire sur Arabesques.

Les Etats-Unis ont interdit l'exportation du système Linux et des logiciels " Open Source " en Irak, Corée du Nord et Iran. Les systèmes d'exploitation Microsoft et Sun seuls peuvent être exportés. Cette initiative, alors que l'Irak possède un groupe d'utilisateurs Linux et des formations universitaires de haute qualité en informatique, s'apparente à un embargo déguisé destiné à maintenir le pays dans un état d'asservissement informatique. A lire dans le Linux Journal. On consultera également la lettre ouverte du Silicon Valley User Group au Département du Commerce des Etats-Unis.

Dommages collatéraux 

Comme le notait le Japan Times, les crimes de guerre perpétrés par le gouvernement Bush sont passibles du tribunal de guerre: agressions, attaques contre des civils et des cibles non-militaire, torture et exécutions sommaires. 

Quelques faits récents: le 6 décembre 2003, dix personnes dont neuf enfants ont été tués lors d'une attaque américaine dans la province de Ghazni. A lire dans Le Monde. Un général irakien, Abed Hamed Haoubouch, capturé le 5 octobre, est décédé lors de son interrogatoire par l'armée américaine (AFP).

L'exercice de la terreur

Comme le notait le Dissident Voice, les États-Unis ont relevés à de nombreuses reprises la terreur exercée contre Israël. Ces assertions passent néanmoins sous silence la terreur exercée par les forces armées et groupes d'intervention américains à l'étranger, notamment en Iran, au Chili, au Guatemala, au Vietnam, en Bolivie, en Palestine… 

Noam Chomsky a déclaré lors d'une récente conférence à Cuba que le Président Bush devait fabriquer une nouvelle menace sur la sécurité intérieure américaine pour gagner les élections de 2004. "They have a card that they can play ... terrify the population with some invented threat, and that is not very hard to do," (Ils ont une carte à jouer…terrifier la population avec une quelconque menace inventée, ce qui ne sera pas très dur à faire). Cette cible pourrait notamment être Cuba, visée par les américains de longue date et récemment accusée de développer un programme de recherche d'armes chimiques. Noam Chomsky a également profité de cette conférence à l'initiative de Fidel Castro pour critiquer publiquement l'enfermement de 75 opposants politiques cubains. A lire dans CommonDreams.

Cette dérive de la démocratie s'exerce désormais avec d'autant plus de facilités que les américains n'ont plus qu'une conscience relativement limitée de l'engagement démocratique, tel que le relevait le Saint Petersburg Times

Contrat tacite des gens qui dorment et deviennent des Winston en puissance

 La dérive démocratique n'est malheureusement pas l'apanage des États-Unis. Elle repose sur l'acceptation par le citoyen d'un contrat tacite faisant son propre malheur, et dont Syti.net nous révèle le contenu. Comme le note Laurent Laplante - rédacteur de Dixit - dans son nouvel ouvrage Les enfants de Winston Les Enfants de Winston, nous sommes en tant que citoyen en déficit de pensée critique et en jovialisme béat d'admiration devant la puissance occupante. Il est donc nécessaire pour ne pas accepter un conditionnement mental subi et se complaire à l'intérieur, de raviver notre esprit critique et de penser notre propre bonheur sans céder aux sirènes de la communication.

Tout savoir sur George Bush

James Hatfield a publié en septembre 1999 une biographie non autorisé de George Bush. Menacé publiquement par deux proches conseillers du président, il fut ensuite trouvé mort dans un motel, la police concluant à un suicide. Cet ouvrage nous apprend notamment que, arrêté en 1972 pour détention de cocaïne, George Bush aurait dû être destitué de ses droits civiques et ne pouvait donc pas se présenter comme gouverneur du Texas et Président des Etats-Unis d'Amérique. On note également que la société Arbusto (désormais Harken Energy) dirigée par George W. Bush, était la propriété de Salem Ben Laden, frère d'Oussama. La famille Bush se déchaîna dès 1999 contre la publication de cet ouvrage, discrédita son auteur et obtint de l'éditeur la destruction de presque tous les 100 000 exemplaires disponibles.

Cet ouvrage (Le Cartel Bush ou l'itinéraire d'un fils privilégié. Comment fabrique-t-on un président des États-Unis ? par James Hatfield, ISBN 2-940342-01-6) est désormais traduit en français et publié par les Editions Timéli. Il est diffusé en librairie en Suisse. Le Réseau Voltaire en assure la diffusion pour la France. Pour mieux faire obstacle à sa réélection Le chanteur Moby, le milliardaire George Soros et son fils Jonathan Soros lancent avec le soutien de MoveOn.org une campagne de publicité sur l'ensemble des chaînes américaines à l'occasion du Discours sur l'Etat de l'Union 2004 de George Bush. Un site bushin30seconds.org présentent les différents films candidats. "La politique du président Bush a nui à l'environnement, mis notre sécurité nationale en danger, endommagé notre économie et redistribué les richesses de la classe moyenne aux Américains les plus riches", concluent les différents protagonistes.

La bonne gouvernance ? 

Fauché, sur-endetté, mauvais payeur et piètre négociateur, l'État effectue actuellement une économie de bouts de chandelles permettant de maintenir à la surface un budget en sinistre état, comme le note l'Express

Très bientôt plus d'informations sur le sujet, avec le lancement de Raffarinades.net

BHL ou l'imposture philosophique

Le Monde Diplomatique consacre un long dossier à Bernard-Henri Lévi, au travers du prisme de son dernier ouvrage en mémoire de Daniel Pearl - qui indépendamment du contenu du livre de BHL restera dans nos mémoires comme un journaliste exemplaire tué dans d'atroces conditions. Plus qu'un journaliste, BHL est un véritable système, caractérisé notamment par ses connexions mondaines, politiques, économiques et médiatiques. Il parle de tout avec assurance, orné de l'aura du philosophe, même si sa philosophie est inconnu des philosophes. Les causes qu'il défend sont pourtant très discutables : en 1985, la " contra " du Nicaragua, un groupe terroriste soutenu par la CIA et l'extrême droite locale. BHL ira jusqu'à demander au Sénat américain cessant de financer cette sale guérilla de reconsidérer sa position. Lors d'une mission d'étude sur l'Afghanistan commandité de manière conjointe par le Président et le Premier Ministre français en 2002, BHL revient avec un rapport creux dont la seule annexe est un discours de BHL et qui débouchera sur la création d'un mensuel destiné à l'intelligentsia afghane et relayant les articles de BHL.

Terminons, à l'instar de l'excellent dossier du Monde Diplomatique, par une citation de Gilles Deleuze : " Plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d'importance, plus le sujet d'énonciation se donne de l'importance par rapport aux énoncés vides. " (A propos des nouveaux philosophes et d'un problème plus général, éditions de Minuit, 2003.) 

Nous avons tous constaté il y a quelques mois le lancement dithyrambique de "Qui a tué Daniel Pearl", une enquête romancée où il est très difficile de dissocier l'enquête du roman, au mépris de la vérité. Pourtant la New York Review of Books a publié récemment une contre-enquête très argumentée revenant sur l'ouvrage. Pour en savoir plus, on lira avec impatience le dossier du Monde Diplomatique.

La mémoire courte 

Le tribunal de grande instance de Paris a débouté le 29 octobre 2003 M. Jean-Marie Colombani, patron du Monde, de l'action en diffamation contre Pierre Botton relative à son ouvrage "Il y a toujours des complices". Dans cet ouvrage, Pierre Botton écrivait qu'il avait payé le déplacement et le séjour à Cannes de Jean-Marie Colombani en mai 1991 à l'occasion du Festival, et a prouvé ses dires au tribunal en produisant une facture d'Air France portant mention du nom des bénéficiaires. A lire sur Acrimed.

Greenpeace saisi pour avoir parlé

La COGEMA a obtenu par voie judiciaire la possibilité de faire saisir les biens de Greenpeace France (à hauteur de 100 000 €), suite à la dénonciation par Greenpeace des transports de matière nucléaire par voie maritime. Une pétition lancée par l'association est présente sur son site et nous vous invitons vivement à dénoncer toute tentative similaire de limitation du champ d'action démocratique. 

Butinages

2003 aura été une année qui n'a été orientée vers le progrès de l'humanité que par quelques initiatives de sursaut. Nous vous souhaitons une année 2004 pleine de bonheur, de réussite et de satisfaction dans vos initiatives durables et équitables. Plus que jamais, la vigilance active nous permettra d'infléchir ce monde, de dénoncer toute hégémonie ou jovialisme. Nous n'aimerons pas Big Brother. 

Car un lopin de terre, une tige de roseau, servira la croissance de tes marmots

Tryo, l'Hymne des Campagnes, 1997

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Nicolas IMBERT