2 mars 2004

Haïti: "j'ai été kidnappé, dites au monde que c'est un coup d'État"

Democracy Now, media indépendant américain coordonné par les journalistes Amy Goodman et Juan Gonzalez, relève que le Président Aristide a appelé plusieurs témoins indiquant qu'il était kidnappé et victime d'un coup d'État. Parmi ces témoins, se trouvent la Sénatrice au Congrès Etats-Uniens Maxine Waters ainsi que Randall Robinson, fondateur de TransAfrica. La sénatrice Maxine Waters avait lors d'un récent voyage à Haïti relevé par le journal local l'Union relayée la demande formelle effectuée par le président Aristide suppliant les États-Unis de mettre fin au trafic de drogue gangrenant son pays.

Le New York Times confirme ces informations tout en indiquant qu'elles font l'objet d'un démenti formel de l'administration Bush. ANSWER (Act Now to Stop War and End Racism) a formellement condamné le coup d'état de l'administration Bush sur Haiti.

Comme le note Global Research, la déstabilisation d'Haïti a été effectuée et entretenue par l'armée américaine dans le cadre d'une opération de grande envergure, et après une campagne de désinformation médiatique internationale. Le Miami Herald note également que, en refusant la main tendue du président Aristide appelant à l'aide internationale et en armant les rebelles, les États-Unis ont eu une pernicieuse politique du pire.

L'Aut'Journal signalait également dès le 19 février la vague de déstabilisation politique et sociale d'un pays extrêmement pauvre, sans armée et uniquement défendu par 5000 policiers.

A travers ces lignes, nous ne désirons pas cautionner la politique d'un homme dont certains actes furent indignes d'une démocratie. Il semble néanmoins flagrant de constater que les événements actuels n'ont qu'un vague rapport avec la vague de libéralisation du peuple haïtien soutenue solidairement par la communauté internationale que décrive les media.

L'Occident a vaincu le monde non par la supériorité de ses idées, idéaux ou religions, mais plutôt par sa supériorité dans l'organisation de la violence. Les occidentaux oublient souvent ce fait, les non-occidentaux jamais. 

Samuel P. Huntington, Le Choc des Civilisations

Comme le révélait le San Francisco Bay View dès septembre 2003, la France et les États-Unis ont joué au fil des temps un rôle critique dans l'appauvrissement d'Haïti. Indymedia Paris note également que la nation de Toussaint Louverture a vu ses élections de 2000 entachées de rumeurs de fraude massive par une union de partis minoritaires, le Groupe des 184. Ces rumeurs furent aussitôt démenties par l'Organisation des Etats Américains (OEA), qu'il est difficile de taxer de parti-pris pro-Aristide. Les Etats-Unis et l'Europe ont pourtant soutenu financièrement les tentatives déstabilisatrices de cette opposition - le Groupe des 184 - selon Haïti Support. Ce sont désormais les membres du Groupe des 184 qui ont pris le pouvoir avec des armes américaines, comme le note ZNEt Africa.

Le pire dans cette histoire c'est qu'on est des esclaves

Quelque part assassin, ici bien incapable 

Mickey 3D - Tu vas pas mourir de rire - 2002

Toussaint Louverture, reviens…

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Nicolas IMBERT